Le plaisir féminin s’invite enfin au cinéma grand public, et pas timidement. Pour le plaisir, le nouveau film de Reem Kherici, sort le 6 mai 2026 avec un duo aussi inattendu que séduisant : Alexandra Lamy et François Cluzet partagent pour la toute première fois l’affiche ensemble. Derrière la comédie romantique se cache une histoire vraie, celle du couple allemand qui a inventé le Womanizer et, avec lui, a changé le rapport de millions de femmes à leur propre jouissance. Voici tout ce qu’il faut savoir avant d’aller le voir.
Ce que raconte Pour le plaisir : un couple, un secret, une invention
Un aveu qui change tout après 20 ans de mariage
Fanny et Tom filent le parfait amour depuis vingt ans. Lui, ingénieur. Elle, femme épanouie en apparence. Jusqu’au jour où un secret éclate : Fanny n’a jamais connu l’orgasme. Face à cette révélation, Tom ne prend pas la fuite. Il relève un défi vertigineux : concevoir l’objet qui révolutionnera le plaisir féminin. Ensemble, ils plongent dans une quête aussi déjantée qu’émouvante qui va transformer leur couple de l’intérieur.
Le ton du film Pour le plaisir est clairement celui de la comédie romantique, loin de toute grivoiserie. Reem Kherici, qui signe ici son quatrième long-métrage, assume pleinement l’étiquette de « divertissement éducatif » : aborder avec humour et sincérité ce que la société peine encore à nommer ouvertement.
Un casting qui donne envie
Alexandra Lamy incarne Fanny avec toute la sensibilité et la drôlerie qu’on lui connaît. François Cluzet compose un Tom touchant, maladroit et déterminé. C’est leur première apparition commune à l’écran, et la bande-annonce, déjà vue plus de 4 millions de fois, laisse deviner une alchimie convaincante. Au casting également : Kyan Khojandi, François-Xavier Demaison, Camille Aumont Carnel, et Reem Kherici elle-même dans le rôle de la sexologue qui va tout déclencher.
L’histoire vraie derrière le film : qui a inventé le Womanizer ?
Michael et Brigitte Lenke, les inventeurs allemands
Le film Pour le plaisir s’inspire librement de l’histoire de Michael et Brigitte Lenke, un couple de la région de l’Allgäu en Bavière. En 2014, Michael, ingénieur, part d’un constat simple : une grande part des femmes déclarent ne pas atteindre l’orgasme, notamment faute de stimulation clitoridienne adaptée. Avec l’aide de son épouse, qui participe activement aux phases de test des premiers prototypes, il développe une technologie brevetée reposant sur des pulsations d’air ciblées sans contact direct continu : la Pleasure Air Technology.
Ce qui est moins connu, c’est que les tout premiers essais s’appuyaient sur des pompes d’aquarium modifiées à la main. De ce bricolage artisanal naîtra l’un des sextoys les plus vendus au monde.
Une invention qui a changé les mentalités
Depuis son lancement, le Womanizer s’est écoulé à plusieurs millions d’exemplaires dans plus de 60 pays. Au-delà des chiffres, l’objet a contribué à ouvrir un débat public que beaucoup évitaient soigneusement : celui de la jouissance féminine, de la stimulation clitoridienne et de l’écart persistant entre le plaisir masculin et le plaisir féminin. La marque, aujourd’hui intégrée au groupe Lovehoney, a depuis enrichi sa gamme avec des innovations comme l’Autopilot ou le Smart Silence, consolidant son positionnement comme acteur de référence du bien-être intime.

Pourquoi “Pour le plaisir” est un film qui compte
Le plaisir féminin, enfin au cinéma grand public
Reem Kherici le reconnaît volontiers : elle a failli refuser le projet. La pudeur, une certaine réserve liée à son éducation, et la sensibilité du sujet l’ont d’abord freinée. Mais c’est précisément cette hésitation qui l’a convaincue d’avancer. Si une réalisatrice aguerrie hésite à s’emparer du thème, c’est bien qu’il reste un tabou à déconstruire.

Le développement du film Pour le plaisir a d’ailleurs rencontré des résistances côté financement, illustration que la jouissance féminine peut encore déranger, même dans les couloirs de l’industrie cinématographique. Ce contexte donne au film une portée qui dépasse largement la comédie de boulevard.

En vingt ans, les sextoys ont quitté les marges pour entrer dans les conversations courantes. Le Womanizer en est l’exemple le plus emblématique : un jouet intime qui a normalisé la parole autour de la stimulation clitoridienne et du plaisir solo ou en couple. Le film arrive à un moment où cette libération s’accélère, portée par les podcasts, les réseaux sociaux et une presse grand public de moins en moins pudibonde sur ces sujets. Voir une comédie populaire avec Alexandra Lamy et François Cluzet traiter de l’orgasme féminin avec légèreté et respect, c’est un signal fort. En 2026, se faire du bien n’a plus à se vivre dans le silence.


